La région de Montréal est reconnue pour les nombreuses îles qui parsèment le fleuve Saint-Laurent et les rivières des Prairies et des Mille-Îles. Mais saviez-vous que les îles de Montréal, Jésus et Perrot, les plus grandes surfaces du territoire métropolitain, ont émergé graduellement lors du relèvement des terres après l'invasion de la Mer de Champlain?
Un réseau complexe de failles très anciennes, la résistance différentielle des roches et les caprices de l'érosion fluviale et glaciaire ont contribué à former l'archipel caractéristique des îles de Montréal. Celles-ci sont facilement reconnaissables à leurs rives irrégulières, souvent très caillouteuses. Leurs rivages ont souvent été stabilisés par des enrochements ou même des murs, car le courant et les vagues les érodent. Les glaces printanières peuvent aussi causer de grands dommages, même aux ouvrages de protection les plus solides.
On peut également observer des îles formées de matériaux meubles déposés dans la Mer de Champlain et le lac qui lui a succédé. Ces îles, comme celles de Boucherville, ont des formes plus régulières, allongées dans le sens du courant. Leur sommet plutôt plat est sableux, mais les argiles en composent la majeure partie. Elles sont plus sujettes à l'érosion et les petites falaises qui les délimitent peuvent s'effondrer lors des crues printanières.
Finalement, une troisième sorte d'îles doit être mentionnée: il s'agit de celles qui ont été construites par l'homme, à partir de déblais provenant de l'excavation du métro. Les habitués de la Ronde et du Casino de Montréal ne se doutent pas toujours qu'ils foulent des surfaces artificielles.
Visionner une animation (60 s) du retrait de la mer de Champlain [GIF, 645.3 ko, 500 X 500, avis]
L'imagerie satellitaire nous permet de décoder le paysage. Ainsi, les hautes terres des Laurentides et les collines montérégienne apparaissent en rouge, tandis que les plaines ou terrasses d'altitude décroissante sont représentées en ocre, vert et bleu.