Les riches terres agricoles des plaines de la région de Montréal se sont développées sur des dépôts hérités de la dernière glaciation, de l'invasion marine subséquente de la Mer de Champlain et des plans d'eau qui lui ont succédé. Sous un même climat, la formation des sols dépend des types de matériaux dans lesquels ils se développent. Le socle rocheux et le till sont mal drainés, à faible contenu en matière organique et offrent en surface beaucoup de galets et de blocs: ils ne supportent donc pas le même type de sol que les sédiments fins et faciles à travailler et on n'y pratique pas les mêmes cultures.
En règle générale, les cultures actuelles reflètent bien les grands types de dépôts mis en place depuis plus de 20 000 ans. Un oeil averti reconnaîtra les cultures et pourra en déduire quelques éléments de l'histoire géologique récente de la région.

Le socle rocheux peu altéré n'est pas propice à la culture et la forêt y domine. Quant au till d'origine glaciaire, il est difficile à cultiver à cause de ses cailloux mélangés au sable et à l'argile. Par contre, il supporte de belles érablières ou despâturages. Les premiers immigrants européens ont souvent utilisé ces terrains pour l'approvisionnement en bois de chauffage, ou encore les ont défrichés pour permettre le pâturage des animaux. Les agriculteurs qui épierrent leurs champs savent bien que cette tâche n'est jamais finie! Chaque printemps, de nouveaux cailloux font surface, particulièrement si l'alternance du gel et du dégel a été intense.

Après la fonte du glacier, les vagues de la Mer de Champlain ont trié les matériaux en enlevant les particules fines de sable et d'argile. Les particules les plus fines ont été transportées au large et déposées sous forme d'argile, tandis que le sable et les graviers se sont accumulés en bordure des littoraux. Le sol développé sur les sables et les graviers est idéal pour la culture des pommiers.
Maïs sur sol sablo-limoneux. (Gracieuseté de Pierre Bédard (UQAM)) image agrandie [JPEG, 364.2 ko, 597 X 898, avis] |
Une belle céréale : l'orge (Gracieuseté de Pierre Bédard (UQAM)) image agrandie [JPEG, 280.5 ko, 600 X 897, avis] |
Les asperges aiment les sols sableux. (Gracieuseté de QGC) image agrandie [JPEG, 1.4 Mo, 1000 X 1520, avis] |
Tomates sur sol argileux. (Gracieuseté de P. Bédard (UQAM)) image agrandie [JPEG, 406.6 ko, 900 X 600, avis] |
Champs de pommes de terre bordé par une rangée de peupliers coupe-vent. (Gracieuseté de Pierre Bédard (UQAM)) image agrandie [JPEG, 406.6 ko, 900 X 600, avis] |
Cultures maraîchères sur les terres noires organiques. (Gracieuseté de Gilbert Prichonnet (UQAM)) image agrandie [JPEG, 395.2 ko, 900 X 600, avis] |
Les plaines argileuses aux terres lourdes sont propices aux cultures céréalières, principalement le maïs et l'orge, et à la culture du soya et des tomates. Les plaines plus sablonneuses, plus légères et plus faciles à travailler, sont recherchées pour la culture des petits fruits tels que les fraises et les framboises, mais aussi pour produire les pommes de terre, les asperges et le tabac. Enfin, les terres noires, à forte teneur en matière organique, ont permis l'essor des cultures maraîchères intensives.
